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Ils en ont parlé

Si Victor Hugo est connu pour ses écrits et sa pratique des tables tournantes, d'autres écrivains et romanciers, des personnages illustres de la littérature du XIXè siècle ont évoqué leurs sympathies ou leur véritable croyance à la manifestation des esprits après la mort. Certains se sont même engagés dans le combat spirite. Leurs livres sont des témoignages de leur attachement à l'idée spirite, en voici quelques exemples:

 

Victor Hugo, humaniste et spirite 
Si Victor Hugo en tant que poète et écrivain est bien connu des écoliers et des universitaires (l'uvre "Les Misérables" est dans toutes les têtes), si Victor Hugo humaniste et progressiste est souvent cité par les historiens, en revanche qui connaît et qui évoque Victor Hugo spirite ? Celui qui de son exil de Jersey s'intéressa au phénomène récent et très en vogue des tables tournantes et fut partie prenante à de nombreuses séances de spiritisme (...). Pourtant Hugo, à plusieurs reprises dans son parcours d'écrivain, évoque la question de la mort et de l'après-vie. Ces préoccupations sont présentes dès 1830 dans certaines uvres comme les "feuilles d'automne" avec "la pente de la rêverie", en 1837 dans "les voix intérieures" et "quelle est la fin de tout ?". En 1839, une poésie intitulée "Saturne" dépeint "ce globe horrible et solitaire", astre de châtiment mais non de châtiment éternel puisque cet astre maudit ne retiendra les méchants que "pour le temps où Dieu voudra punir" ; il entrevoyait déjà que l'âme franchissant l'infini, passait l'éternité et que la véritable existence commençait au tombeau :
Et qu'ainsi faits vivants par le sépulcre même,
Nous irions tous un jour, dans l'espace vermeil
Lire l'uvre infinie et l'éternel poème.

Alphonse de Lamartine
Le grand Victor Hugo, au-delà de son uvre et de ses prises de positions sociales et politiques, avait participé à de nombreuses séances spirites lors de son exil à Jersey. Il en avait acquis des certitudes qui transparaissent dans son uvre poétique et qu'il sut transmettre à son ami Alphonse de Lamartine, meurtri par le décès de son épouse. C'est depuis les îles anglo-normandes qu'il lui écrivit ces lignes le 23 mai 1863 : "Cher Lamartine, Un grand malheur vous frappe ; j'ai besoin de mettre mon cur près du vôtre. Je vénérais celle que vous aimiez. Votre haut esprit voit au-delà de l'horizon ; vous apercevez distinctement la vie future. Ce n'est pas à vous qu'il est besoin de dire : espérez. Vous êtes de ceux qui savent et qui attendent. Elle est toujours votre compagne, invisible, mais présente. Vous avez perdu la femme mais non l'âme. Cher ami, vivons dans les morts."

Alexandre Dumas (1803-1870)
Dans "Madame de Chamblay", Alexandre Dumas affirme le principe de double vue. Ses mémoires contiennent aussi des faits de visions de parents morts et nous montrent qu'il admettait la théorie de la réincarnation.
"Je sais ce que j'ai fait de bon, soit dans ce monde, soit dans les autres mondes où j'ai vécu avant de venir dans celui-ci, mais Dieu a pour moi des faveurs spéciales". Mémoires. Ch. LXIX. Paris 1863

Théophile Gautier (1811-1872)
Ami de Victor Hugo et de Balzac, Théophile Gautier se fit l'interprète de la théorie spirite dans une sorte de roman intitulé "Spirite". Il met en scène deux êtres qui se sont aimés : l'un n'a jamais pu l'avouer de son vivant. Une fois mort, son esprit par des réincarnations successives manifeste les sentiments tus de son vivant. Le personnage principal du roman, Guy de Malivert, pourtant incrédule aux
phénomènes surnaturels, entre en communication avec un esprit qu'il nommera "Spirite", une femme aimée d'une vie antérieure...

George Sand (1804-1876)
Les idées spirites de George Sand se lisent dans "Consuelo" et "La Comtesse de Rudolstadt". La réincarnation, la communication possible entre les vivants et les morts, par la vue, l'audition et l'inspiration apparaissent dans "Spiridion".
Dans "Histoire de ma vie", George Sand parle de ses convictions :
"Si nous ne devons pas aspirer à la béatitude des purs esprits du pays des chimères, si nous devons entrevoir toujours au-delà de cette vie, un travail, un devoir, des épreuves et une organisation limitée dans ses facultés vis-à-vis de l'infini, du moins, il nous est permis par la raison et il nous est recommandé par le cur de compter sur une suite d'existences progressives en raison de nos bons désirs. Nous pouvons regarder cette terre comme un lieu de passage et compter sur un réveil plus doux dans le berceau qui nous attend ailleurs."
Georges Sand avait sur la mort des croyances très douces. "J'imagine n'avoir mérité qu'un sort très gentil dans l'autre vie, l'univers est grand et beau. Tout ce que nous croyons plein d'importance est si fugitif que ce n'est pas la peine d'y penser."

Honoré de Balzac (1799-1850)
Grand romancier, penseur, occultiste distingué, Balzac connut les prémisses du spiritisme, il fut un disciple de Swedenborg.
Parmi les nombreuses uvres du romancier, les plus imprégnées de spiritisme sont "Séraphitus Séraphita", "Ursule Mirouet", "Les proscrits", "La recherche de l'absolu", "Peau de chagrin".
Dans "Ursule Mirouet", l'auteur aborde le détail de trois apparitions successives racontées par Mlle Ursule à l'abbé Chaperon :
"Ursule fit un rêve qui présenta les caractères d'une vision surnaturelle autant par les faits moraux que par les circonstances pour ainsi dire physiques. Feu Minoret, son parrain, lui apparut et lui fit signe de venir avec lui ; elle s'habilla, le suivi au milieu des ténèbres jusque dans la maison de la rue des Bourgeois où elle retrouva les moindres choses comme elles étaient le jour de la mort de son parrain. Le vieillard portait les vêtements qu'il avait sur lui la veille de sa mort.

 

Rufina Noeggerath  dit Bonne Maman (1821-1908)

Spirite indienne.En 1925, elle était la doyenne des Spirites de Paris, âgée de 84 ans, son activité inlassable et sa vigueur intellectuelle entière représentait "l'âme du mouvement spirite de l'époque"

 

 

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